Pour obtenir un plan d’urgence pour la Loire (inclusion, éducation prioritaire, moyens), la FSU avec l’intersyndicale de la Loire appelle à une journée de grève unitaire ce jeudi 25 juin dans la Loire avec un rassemblement à Saint-Etienne à 10h30 devant la DSDEN.

L’année scolaire 2025-2026 est marquée par de fortes mobilisations dans la Loire, avec plusieurs grèves dans le premier et second degrés, dont certaines reconductibles. Ces mobilisations ont porté des revendications fortes. Dans le premier comme dans le second degré, les personnels réclament des moyens à la hauteur des réalités du département pour accueillir décemment l’ensemble des usager·es du service publique d’éducation et permettre une amélioration des conditions de travail.
Les raisons de la colère sont nombreuses : gel de la carte de l’éducation prioritaire, suppression de postes malgré une pénurie structurelle de personnels, classes surchargées, manque de moyens pour l’inclusion.
Face à l’absence de réponses à la hauteur des enjeux de la part de la DSDEN de la Loire et du rectorat de l’académie de Lyon, la FSU avec l’intersyndicale s’est adressé au ministre et exige un plan d’urgence pour la Loire.
Écoles, collèges, lycées : exigeons des moyens pour la rentrée prochaine !
Dans les écoles : soit 53 suppressions de classes prévues pour la rentrée 2026. À ce stade, il ne s’agit plus seulement d’un déséquilibre : c’est une saignée historique. En parallèle, la création de 19 PAS supprime autant de moyens d’enseignement devant élèves dans le premier degré. Ce transfert de moyen pour un dispositif rejeté par l’Assemblée nationale est inacceptable.
Dans les collèges : un bilan de 8 suppressions de postes prévus pour la rentrée 2026. En 4 ans, 347 élèves supplémentaires ont intégré les collèges de la Loire sans les moyens humains qui vont avec.
Dans les lycées : des classes calibrées à 35 ne permettent pas la réussite des élèves et dégradent les conditions de travail des personnels.
Autrement dit, sur les dernières années : plus d’élèves et moins d’enseignant·es donc des classes surchargées.
Dans les lycées professionnels : les réformes successives, dont dernièrement le parcours en Y, ont engendré un éloignement des élèves de l’école au profit des entreprises, autant d’heures de cours en moins pour les élèves.
Alors que les personnels de vie scolaire sont indispensables au fonctionnement des établissements du second degré, le manque de moyens généralisé les atteint plus que jamais. Dans la Loire, les établissements découvrent leur dotation en AED pour la rentrée, et les premiers retours montrent des retraits de moyens dans de nombreux cas, sans que les chiffres officiels à ce jour. Il est inacceptable que nos collègues AED, déjà en situation de précarité subissent une dégradation supplémentaire de leurs conditions de travail. Nous demandons la transparence sur les dotations départementales en vie scolaire qui doivent être abondées à la hauteur des besoins. Dans la Loire, nous perdons aussi deux Centre d’Information et d’Orientation à la rentrée (Soleil et Saint-Chamond). C’est encore un appauvrissement du lien entre l’école et les familles, et une dégradation supplémentaire des conditions de travail des Psychologues de l’Éducation Nationale, que les usagers et les personnels subissent. Comme les Psy-EN, les assistantes sociales, assistants sociaux, infirmières et infirmiers de l’éducation nationale ne sont pas en nombre suffisant pour accompagner les situations médico-sociales rencontrées par les élèves et les familles. Le manque de personnels administratifs entrave aussi l’organisation des établissements, les conditions de travail des personnels et les conditions d’apprentissage des élèves.
École inclusive : au-delà du slogan
Depuis des années, les équipes pédagogiques alertent sur les manques graves et structurels dans la mise en œuvre de l’inclusion des élèves en situation de handicap et des élèves à besoins éducatifs particuliers. Ces alertes sont ignorées.
Les conséquences sont pourtant dramatiques : souffrance des élèves, épuisement des personnels, colère des familles, dégradation continue du service public d’éducation.
L’inclusion sans moyens est une maltraitance institutionnelle. Elle met en danger les enfants, broie les personnels et détruit la confiance dans l’école publique.
La loi du 11 février 2005 a posé le principe de l’école inclusive. Vingt ans plus tard, l’État ne respecte toujours pas ses propres engagements. Ce n’est ni un manque de volonté des équipes, ni un problème d’organisation locale : c’est un choix politique de sous-financement.
Plus de 40 % des enseignants étaient en grève le 19 mars, cette mobilisation a donné lieu à l’ouverture de 3 dispositifs ULIS et 1 IME hors les murs à la rentée. Les AESH sont maintenu.es dans une situation précaire, sans perspective d’évolution de carrière, sans formation avec un salaire indigne. Ils et elles se retrouvent aujourd’hui menacées de licenciement si elles n’acceptent pas d’être dans des PAS !
Éducation prioritaire : l’aberration c’est l’inaction !
En reconnaissant, en janvier, l’existence de « situations » aberrantes c’est-à-dire d’écoles et collèges hors de l’éducation prioritaire mais qui auraient les critères pour y entrer, le ministre a confirmé que le gel de la carte de l’éducation prioritaire a créé des situations injustes. Dans la Loire, 3 collèges et 9 écoles sont identifiés comme telles par le ministère lui-même sans qu’il y apporte de réponse à la hauteur.
La Loire est dans une situation particulière et notable. En effet, 70% des établissements « aberrants » de l’académie de Lyon sont dans la Loire. De plus, la Loire est le premier département de France des situations aberrantes. Au-delà de ces situations, il reste 28 écoles et 7 collèges « orphelins » de l’éducation prioritaire c’est-à-dire des établissements dont l’IPS est inférieur à 90 mais n’étant pas classées en éducation prioritaire. Aucun établissement de la Loire n’a vocation à quitter l’éducation prioritaire, bien au contraire ils sont dizaines à avoir les critères permettant de l’intégrer.
Dans la Loire, plus qu’ailleurs, il y a donc urgence à agir en élargissant la carte de l’éducation prioritaire !
Pour un plan d’urgence dans la Loire, la FSU avec l’intersyndicale de la Loire exige :
- des moyens humains avec des équipes pluri-professionnelles complètes (enseignant·e, CPE, Psy-EN, AED, AESH, assistant·es sociales·aux, infirmir·ères de l’éducation nationale) à la hauteur des besoins.
- un élargissement de la carte de l’éducation prioritaire.
Loire