L’année scolaire a débuté par un événement tragique : des attaques lesbophobes et un manque de soutien hiérarchique ont poussé une professeure des écoles, CAroline Grandjean, à se suicider. Au travail comme ailleurs, les LGBTQIA+phobies vont jusqu’à tuer. Dans de nombreuses villes en France, l’année s’est poursuivie par des campagnes transphobes visant l’Éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS) ainsi que les jeunes trans et l’usage des espaces non mixtes. Inlassablement, des associations réactionnaires poursuivent leurs attaques contre les structures d’éducation populaire et les associations qui œuvrent pour l’égalité, la santé et l’émancipation.
Le lien entre les attaques LGBTQIA+phobes et les milieux d’extrême droite est clair. Partis réactionnaires, médias d’extrême droite, groupes conservateurs ou réseaux militants : les discours LGBTQIA+phobes sont de plus en plus décomplexés. Dans le même temps, les inégalités perdurent dans tous les domaines : discriminations à l’emploi et au logement, difficultés d’accès aux droits, remise en cause des droits des familles, discriminations dans les pratiques sportives ou dans l’accès aux soins.
Plus largement, à l’échelle internationale, les violences contre les personnes LGBTQIA+ se multiplient dans un contexte de montée des nationalismes et des extrêmes droites. Si certaines avancées existent, de nombreux pays connaissent un durcissement des lois et politiques LGBTQIA+phobes. Dans le même temps, des discours pseudo-scientifiques remettent en cause les droits des personnes trans et intersexes, réaffirmant une vision binaire et patriarcale des sexes et des genres.
Au travail aussi
Selon le dernier rapport de SOS Homophobie, les LGBTQIA+phobies au travail ne régressent pas. Elles sont majoritairement le fait de collègues ou de supérieurs hiérarchiques et prennent la forme de rejet, d’invisibilisation, d’insultes, de harcèlement ou de discriminations. Dès l’embauche et tout au long de la carrière, les personnes LGBTQIA+ peuvent être scrutées, isolées ou discriminées. Cela va des « blagues » et propos LGBTQIA+phobes jusqu’aux violences physiques.
Le baromètre LGBTQIA+ de L’Autre Cercle, réalisé avec l’Ifop, montre une forte hausse des discriminations vécues dans le monde du travail. Les personnes trans et non-binaires sont particulièrement exposées. Beaucoup de salarié·es déclarent avoir déjà entendu des insultes ou expressions LGBTQIA+phobes dans leur environnement professionnel. Le manque d’inclusion et les difficultés liées au coming-out continuent d’avoir des conséquences importantes sur la santé mentale, les parcours professionnels et les conditions de travail.
Voir son identité de genre respectée n’est ni un caprice ni une mode : c’est un droit fondamental, reconnu comme une composante de la dignité humaine.
Les LGBTQIA+phobies créent des climats de travail délétères et génèrent une souffrance importante pour les personnels concernés. Elles peuvent conduire à l’isolement, à l’autocensure, à des discriminations de carrière et parfois à l’exclusion de l’emploi. Combattre les LGBTQIA+phobies au travail comme dans toute la société est donc une nécessité démocratique, sociale et syndicale.
Ainsi la FSU Loire appelle à participer au rassemblement organisé par Fiertés Saint-Etienne, ce dimanche 17 mai, à 16h Place Jean Jaurès.
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